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Les paysages du marais

« Je veux évoquer ma terre, son âme, tout ce que j’aime en forcené. Je veux exprimer le trouble de sa nature, son charme, sa douceur franche, et aussi ses humeurs mauvaises, ses rages… et encore davantage : l’émotion qui m’étreint auprès d’elle, toutes les émotions, toutes les souffrances ». Charles Milcendeau

Le Bois Durand par temps gris , 1916. Gouache

Propriété acquise en 1906 dont il parle:
« une idée admirable qui m’a pris et que j’ai mise à exécution a été de louer une petite maison de campagne avec jardin au Bois Durand à Soullans mais au bord du marais. J’ai un fossé qui borde la propriété. Dans deux jours j’y aurai ma yole. Des arbres superbes, remplis d’oiseaux, entourent ma maison des deux côtés. Je dis 'ma maison' en attendant que je devienne propriétaire et cela viendra… »

Couple au parapluie , Pastel

Ce pastel frappe par l’originalité du format et du cadrage choisi par l’artiste. Fait rare dans les tableaux de Milcendeau, le ciel occupe moins des deux tiers de la composition. Les deux amoureux sous le parapluie occupent la place centrale. Le parapluie tenu par le couple dessine le profil d’une femme. Ce pastel représente le marais en été. L'artiste y réussit un bel effet de contre-jour : le couple est faiblement éclairé tandis que le jour semble percer de la ligne d’horizon.

L'intérêt ethnographique de ce tableau est de représenter une coutume locale : le maraîchinage. Les jeunes amoureux flirtaient, le dimanche après la messe, sous un grand parapluie sombre à l’abri des regards indiscrets.

Les voyages

Femme à la jarre , Corse, 1910. Pastel

L’artiste a séjourné 11 mois en Corse et en a rapporté des scènes de la vie quotidienne, comme cette femme qui portant une jarre. De trois-quart, elle est vêtue d’une tunique bleu marine. Elle se détache de l’arrière plan, un dégradé d'orange, de vert, de jaune et de bleu qui symbolise la végétation. La crâte de la montagne se découpe sur un ciel rose-bleuté.

Le marché aux porcs à Ledesma , Espagne, 1909, Pastel

Charles Milcendeau offre des oeuvres diversifiées. Ici, les couleurs sont chaudes et vives, les maisons à l’arrière plan sont très géométriques, et le ciel occupe à peine un tiers du tableau. Au premier plan, les visages des personnages semblent s’effacer à l’exception de celui du pèlerin au centre, à califourchon sur son àne. Notre regard est attiré par les couleurs et les formes. Le personnage de droite, dressé sur ces étriers, porte un chapeau noir à bord retroussé et à ruban de velours noir, rappelant le chapeau de feutre traditionnel du maraîchin.

Charles Milcendeau a séjourné régulièrement dans cette ville de Ledesma entre 1901 et 1909.
Souvent qualifié de peintre « réaliste », en marge de son époque, l'artiste a tout de même fréquenté les cercles d’artistes, comme les fauves et les cubistes (rencontrés au Salon d’automne), dont on peut sentir l’influence dans ce tableau.

Bergers espagnols sous la neige ou
Idylle en Espagne , 1909. Pastel

En arrière plan, nous reconnaissons le pont romain de Ledesma. Centrée au premier plan par les couleurs vives des habits et par les lignes formées par l’escarpement de la montagne, la scène amoureuse attire notre regard. Un berger joue un air de flûte pour séduire la jeune fille. Assise dans la neige, elle semble perdue dans ses pensées.

Charles Milcendeau utilise des couleurs vives et la représentation d’une scène amoureuse pour exprimer combien ce pays lui donne la joie de vivre. Très apprécié par les espagnols, on a dit de lui : « le peintre de Ledesma. Aujourd’hui, Charles Milcendeau mérite vraiment ce nom. […]. Il est devenu le Missionnaire qui va apprendre à faire respecter cette Espagne » . (Extrait d’un journal de Salamanque)

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Dernière mise à jour: 15.09.2007