Charles Milcendeau est né le 18 juillet 1872 à Soullans d'un père aubergiste qui encourage très tôt son fils dans son désir de devenir un artiste peintre à part entière.
Après de fugaces études au lycée de la Roche sur Yon, Charles Milcendeau entre à l'Institut Livet en 1888 où il s'initie aux arts plastiques.
C'est à Paris qu'il décide de poursuivre ses études à l'Académie Julian puis dans l'atelier de Gustave MOREAU à l'Ecole des Beaux-Arts où il entre en 1892.
"Ce fut un des événements les plus heureux de sa vie" écrit plus tard son biographe James d'Ayzac.
Il se lie d'amitié avec quelques camarades d'atelier: Matisse, Rouault, Evenpoël mais côtoie également Marquet et Guériot.
La découverte de nombreuses oeuvres de peintres français, flamands et hollandais lors de ses visites au Louvre est pour lui une révélation. A cela s'ajoutent de nombreux voyages initiatiques en Belgique, aux Pays Bas, en Espagne, à Londres et en Italie. Il parcourt de même toute la France et s'arrête plus particulièrement en Bretagne et en Corse.
De santé fragile, il meurt, en 1919, à l'âge de 47 ans. Il est enterré à Soullans.
Charles Milcendeau est avant tout un artiste en marge . Son style n'est ni pompier ni avant-gardiste. Il est très attiré par les primitifs italiens et flamands.
Dessinateur réaliste par nature, ses portraits, comme ses intérieurs, nous révèlent tous les talents de cet artiste. Ce natif du marais s'intéresse aux maraîchins et les représente, individuellement ou dans leur quotidien, avec gravité et sans complaisance.
Il développe un sens aigu de la composition et du clair-obscur dans ses scènes d'intérieurs.
Jusqu'à la première Guerre Mondiale, la nature est pratiquement absente de l'oeuvre de l'artiste. Mais retenu dans sa résidence du Bois Durand, Charles Milcendeau va se pencher sur le paysage qui l'entoure. Le marais et ses habitants deviennent alors ses sujets de prédilection.
C'est par l'intermédiaire de son ami Evanpoël (auteur de l'oeuvre Un espagnol à Paris ), élève comme lui dans l'atelier de Gustave Moreau, que Charles Milcendeau rencontre le peintre espagnol Francesco ITURRINO .
C'est en 1901 que ce dernier entraîne Milcendeau en Espagne à la découverte des grands maîtres comme Velasquez, Goya...
Ce premier voyage est une révélation pour Milcendeau et l'Espagne devient alors sa seconde patrie. Il ne cessera d'y retourner pour le plaisir mais également pour se soigner.
C'est dans la province de Salamanque et plus particulièrement de Ledesma qu'il séjournera entre 1901 et 1909. Cette ville est aujourd'hui jumelée avec Soullans.
Il ramène de son séjour de nombreux pastels et croquis traitant de thèmes populaires. Il s'inspire de l' art mudéjar andalou et des azuleros pour décorer sa chambre, qui sert également, de son vivant, de salle de réception. Le visiteur est séduit par l'orientalisme des décors peints, l'encadrement des portes ogivales et le chatoiement des couleurs.
Charles Milcendeau a invité dans son atelier artistes et mécènes. A ce titre, on parle de lui comme l'un des initiateurs du Groupe de Saint-Jean-de-Monts .
La première génération d'artistes de cette école (Jules Grandjouan, Emile Laboureur, Jean Peské) s'inspire aussi bien de la lumière du littoral que des paysages du marais. Mais c'est avec la seconde génération qu'une véritable émulation artistique naîtra.
Jean Launois , initiateur de cette seconde génération d'artistes, a, très certainement par un lien qui unissait ses parents à Milcendeau, fréquenté le peintre dès son plus jeune àe. Il s'en inspire très largement au début de sa carrière. Il en va de même quelques années plus tard pour Henry Simon et Edmond Bertreux.